À la rencontre de… Alexandre Sabatou

Président de Debout les Jeunes, l’organe jeune de Debout la France

En quelques mots, pourriez-vous préalablement vous présenter ?

Bonjour Alexandre, et merci d’avoir accepté de répondre à ces questions. Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Alexandre, j’ai 27 ans et je viens du 93. Après avoir été diplômé d’une école d’ingénieur avec une spécialisation en énergie, et d’un master en administration des entreprises à l’université, j’ai rejoint le ministère des finances en tant que chef de projet SI. Je suis passionné d’histoire et pratique la boxe anglaise.

 

À quel âge t’es-tu engagé en politique ? Y a-t-il eu un événement déclencheur ?

Cela s’est fait progressivement, je ne me suis engagé qu’à l’âge de 25 ans.

Le fait d’avoir grandi en Seine-Saint-Denis m’a permis de grandir en voyant l’avenir. Mes grands-parents vivent à la campagne, dans la France du terroir. Quand j’allais les voir et que je revenais en Seine-Saint-Denis, ce n’était pas du tout pareil. Je voyais le terroir comme le passé et la Seine-Saint-Denis comme l’avenir réservé au pays. Cette pensée m’a travaillée tout au long de ma vie. L’élément déclencheur a été quand je me suis dit « si les gens comme moi ne font rien, qui le fera ? ». J’ai imaginé l’avenir de manière assez sombre, en me disant que je ne pourrais pas me regarder dans une glace si je n’avais rien fait pour changer ça quand j’en avais la possibilité.

 

Est-ce toujours cette même idée de l’avenir qui te pousse aujourd’hui dans ton engagement ?

Oui, il y a énormément de choses à faire. Je ne sais pas si le COVID19 va inverser la situation notamment sur les idées souverainistes, je l’espère. Le combat reste à faire.

 

Quels ont été tes premiers pas en politique ?

Debout la France a été mon premier engagement.

Je suivais beaucoup Les Républicains et le Front National, mais je n’ai rejoint aucun de ces deux partis. Je me retrouve beaucoup dans les idées des Républicains, j’avais été assez séduit lors de la primaire de 2017. Cependant j’ai vite été déçu de voir que les actes ne suivaient pas les paroles. La multiplicité des courants au sein de ce parti en est peut être à l’origine, toujours est-il que je vis ces retournements de veste comme une trahison. J’aimais le Front National à l’époque de Florian Philippot car le parti prenait du sérieux et grandissait. Cependant, le débat du second tour a fait que Marine le Pen s’est complètement ridiculisée. On a vu un parti qui ne voulait pas vraiment gagner. Je considère que le Rassemblement National a un plafond de verre qui ne lui permet pas de gagner tout seul. Si l’on veut changer les choses ce ne sera pas avec ce parti-là.

À l’inverse, je me suis beaucoup retrouvé dans les idées de Nicolas Dupont-Aignan. Il m’a paru être quelqu’un de très honnête, courageux et compétent. Je n’irai pas jusqu’à dire que tous les politiques ne le sont pas, mais Nicolas Dupont-Aignan est quelqu’un qui sort du lot, qui a fait du bon travail dans sa ville et qui, je pense, est capable de faire de grandes choses à l’échelle nationale – son travail à l’Assemblée à l’appui. J’avais également trouvé sa décision de rejoindre Marine le Pen au second tour des présidentielles très courageux.

 

Tu es d’ailleurs Président de Debout les jeunes, l’organe jeune de Debout la France. Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ta fonction?

Je ne suis pas tout seul. Il y a un bureau national qui m’aide. J’ai une vice-présidente, un responsable communication, un responsable événement, un responsable des fédérations et un responsable lycée. Être Président des Jeunes c’est manager toute cette équipe qui vise à donner un sens et une direction à tous nos militants. J’ai essayé de décentraliser notre mouvement pour donner plus de responsabilités aux délégués locaux qui sont au plus près des problématiques de leurs fédérations. Le rôle du national, pour résumer, est de canaliser et de guider l’énergie de nos militants pour la rendre plus efficace et servir au mieux le mouvement national DLF.

 

Quels sont les enjeux, batailles et valeurs qui te tiennent à cœur et que tu défends à travers ton engagement ?

Il y a deux points essentiels.

Comme le Général de Gaulle j’ai une certaine idée de la France. Je pense que nous pouvons encore jouer un rôle au niveau international. On peut être un phare, en Europe du moins. Aujourd’hui, avec l’Union Européenne et les États-Unis, nous sommes un peu vassalisés. J’aimerais que la France redevienne une puissance de premier plan, non pas une puissance de façade, et que l’on regagne notre souveraineté. Je pense, et j’en suis persuadé, qu’au vu de l’histoire de notre pays, s’il y a bien un grand pays en Europe, c’est le nôtre.

Le deuxième point concerne l’aspect identitaire. C’est l’idée que, quand on vient en France, on essaie de s’intégrer voire même de s’assimiler pour devenir Français. Pour moi la France n’est ni un hôtel, ni un aéroport où l’on s’installe comme chez soi sans rien changer. Non, si l’on veut rentrer et devenir français, il y a un travail à faire. Cela demande beaucoup d’efforts mais l’on s’en retrouve récompensé. Cela permettrait une meilleure cohésion entre les citoyens, et la définition d’une direction commune.

 

Trouves-tu qu’aujourd’hui être jeune en politique, c’est un tremplin ou un frein ?

C’est à double tranchant.

Pour moi, être chez Debout la France – qui est accusé à tort d’être un parti d’extrême droite – agit plutôt comme un frein, dans le sens où ce n’est pas quelque chose que je peux mettre sur mon CV. Il suffit de regarder la pression que certaines personnes subissent sur les réseaux sociaux. On retrouve leurs employeurs à qui l’on envoie des messages par rapport à l’engagement, ce qui fait que l’on peut très vite se retrouver au chômage. Je dirais qu’il y a une certaine précarité quand on est dans l’opposition.

Au niveau des compétences professionnelles, c’est un énorme plus. Cela donne une expérience de management et de communication. On apprend énormément en termes de compétences. C’est une très belle aventure, aussi bien pour mon combat que pour mon développement personnel.

 

À l’heure actuelle, comment caractériserais-tu la relation entre jeunesse et politique ?

Je vois beaucoup de jeunes qui sont assez déconnectés. J’ai fait des études scientifiques, dans des écoles où ça ne parle pas beaucoup politique. Je suis assez pessimiste sur ce sujet. J’aimerais que ça change. J’essaie de le faire à mon échelle, mais il y a énormément de travail.

Le problème de la droite sur cet enjeu, c’est que nous sommes pessimistes et que le pessimisme ne fait rêver personne. Qui a envie de se donner dans un combat que l’on annonce perdu d’avance ? Il faut d’abord commencer par donner un message optimiste, arrêter de parler de décadence et de chute et commencer à parler de renaissance. Il faut revenir aux valeurs qui ont fait notre force à l’époque. Il y a tout un discours à changer.

 

Que répondrais-tu aux jeunes qui considèrent que « l’engagement est inutile ». Au contraire, quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui souhaitent s’engager ?

Aux seconds, je répondrais qu’il ne faut pas hésiter à s’engager. Il n’y a pas de bons moments pour s’engager. On aura toujours des excuses dans sa vie pour ne pas le faire : les études, les enfants, la difficulté. L’engagement, ça se fait sur son temps de loisir. Je considère que la France m’a énormément donné. Elle a fait la personne que je suis et, en ça, je lui suis redevable. Il faut être un peu stoïcien et se demander si regarder des séries Netflix est le but de notre vie. Pourquoi ne pas échanger quelques épisodes contre du temps pour aider la communauté ?

Aux premiers, je dirais qu’en ne s’engageant pas, ils restent spectateurs. Regardez l’histoire, quand trop de gens sont spectateurs. On peut parler de la Révolution Rouge. Je ne pense pas que toute la Russie était communiste en 1917. Mais un groupe de militant a fait ce bouleversement, et les personnes spectatrices qui n’étaient pas impliquées ont subi leur action. Il faut être acteur. Avoir des idées, c’est bien. Essayer de les défendre, c’est mieux. Être spectateur, c’est donner raison aux autres.

 

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